Élévation du niveau de la mer : Plusieurs villes marocaines affectées d’ici 2050

Dans une étude publiée cette semaine dans la revue Nature Communications, deux chercheurs se sont intéressés aux zones et populations qui seront touchées par des inondations au moins une fois par an, à cause des changements climatiques, d’ici 2050. Au Maroc, plusieurs villes, dont Martil, Essaouira, Lagouira, Casablanca et Mohammedia devraient être touchées.

Près de 340 millions de personnes pourraient être touchées par des inondations au moins une fois par an, à cause des changements climatiques, d’ici 2050, si les émissions de carbone restent élevées. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par le chercheur en arithmétique, Scott Kulp, et le climatologue de l’université américaine de Princeton, Benjamin Strauss, publiée le 29 octobre.

A en croire la RBTF et le média Het Laatste Nieuws, qui relayent ses grandes lignes, trois fois plus de personnes dans le monde seraient menacées par l’évolution du niveau de la mer que ce que l’on pensait auparavant. «D’ici 2050, des endroits habités par 170 millions de personnes seraient sous le niveau de la mer. D’ici 2100, ce nombre pourrait atteindre 200 millions», poursuivent les deux chercheurs dans l’étude intitulée «New elevation data triple estimates of global vulnerability to sea-level rise and coastal flooding» et publiée dans la revue Nature Communications.

Les deux chercheurs y avancent que d’ici la fin de ce siècle, entre 420 et 630 millions de personnes sont susceptibles d’être touchées par des inondations annuelles, en fonction du niveau de la mer à cette période. Les estimations pour ce siècle vont d’une augmentation de 60 centimètres à 2 mètres. En Belgique, par exemple, les zones à risque pourraient s’étendre jusque Termonde, Bruges et Malines.

Martil et l’Oued Laou touchés pour la côte méditerranéenne du Maroc

La carte accompagnant l’étude évoque notamment le Maroc. Bien qu’il n’y ait pas de données spécifiques sur le nombre de personnes touchées dans le royaume, la carte montrent notamment les terres qui devraient être affectées par ce phénomène de submersion marine dû au changement climatique, en 2040, selon le modèle numérique d’élévation de Climate Central pour les zones côtières.

A partir de l’extrême ouest du royaume, la carte affiche une partie en rouge, établie pour signaler une zone menacée, pour l’embouchure de l’Oued Moulouya entre Saidia et Ras El Ma. A Nador, c’est plutôt le sud de la ville ainsi qu’une partie de la plage de Boqueronesa, au niveau de Marchica, qui seront touchés. Mais les zones les plus touchées sur la côte méditerranéenne au Maroc reste la zone d’Oued Laou ainsi que la ville de Martil.

Dans une moindre mesure, la zone qui s’étend de Marina Smir au Nord jusqu’à la ville de M’diq au sud sera également concernée selon la carte de Climate central. A Tanger, plus à l’ouest, la carte indique curieusement en rouge la zone incluant Tanger City Mall ainsi que la nouvelle gare de TGV de la ville du Détroit.

La zone entre Marina Smir et M’diaq.

Plusieurs zones côtières sur l’océan atlantique seront touchées

C’est aussi à Tanger, plus au sud, sur l’Atlantique, qu’une large tache rouge inquiète. Elle s’étend de la Grotte d’Hercule à la forêt diplomatique, au sud de la nouvelle ville Ibn Batouta. Cette zone menacée inclut aussi la région de Houara et Ahjer Ennahel au sud de la ville du Détroit, ainsi qu’au nord de Had Gharbia, au nord-est d’Asilah.

Le sud de Tanger.

Ce phénomène touchera aussi le Nord de Larache, à l’embouchure de l’Oued Loukouss, tout comme la Marja Zegra au sud de Moulay Bousselham. Même le centre de Kénitra, traversée par l’Oued Sabou ainsi que la rive nord de l’Oued Bouregreg, à Salé, n’y échappent pas.

Le scénario reste également alarmant pour la ville de Mohammedia, avec une large tâche rouge qui s’étend depuis la plage Miramar au Nord. Casablanca, la capitale économique du royaume inquiète aussi, sa zone côtière s’étendant du port de la ville jusqu’à la mosquée Hassan II et même au-delà, serait aussi menacée.

Plus au sud, El Jadida, la zone entre Sidi Moissa et Sidi Abed et l’Oualidia sont aussi concernées. C’est le cas aussi de plusieurs quartiers de la ville d’Essaouira, tout comme l’embouchure, au sud de la ville, de l’oued El Kassab.

La ville d’Essaouira.

Plus au sud, les embouchures de l’oued Assid N’Srou à Tamri, l’oued Souss au sud d’Agadir, l’oued Chbika et la lagune au sud d’Akhfennir, petite ville de la province de Tarfaya, sont aussi en rouge.

Même pour la ville de Dakhla va être touchéeà travers certaines zones, comme l’actuel port de la ville et la partie nord de cette presqu’île.

A rappeler que le nouveau système de mesure de l’étude, intitulé CoastalIDEM, se veut plus précis que le système SRTM de la NASA et réduit la marge d’erreur à l’aide de l’intelligence artificielle. Les prévisions de la nouvelle étude ne tiennent pas compte, non plus, de la croissance démographique future ni de l’érosion naturelle des terres côtières.

Source : https://www.yabiladi.com/articles/details/85097/elevation-niveau-plusieurs-villes-marocaines.html?fbclid=IwAR3-lWdH6AcMbneD3IVo-wp-HkTTT3iF1vVl0w70kZk-JdXCU9e8eWpXDLg