Réutilisation des eaux usées épurées: mini big-bang attendu dans le Grand Casablanca

Le gouvernement planche sur une étude de réutilisation des eaux usées épurées dans le Grand Casablanca. Porté par le secrétariat d’État chargé de l’eau, le projet s’attaque notamment au problème des eaux traitées puis rejetées en mer, dans un contexte de rareté des ressources hydriques.

 Le Grand Casablanca est promis à une grande mue dans la gestion des ressources en eau. Le gouvernement planche sur une étude de réutilisation des eaux usées épurées dans la métropole économique du Royaume, qui abrite une population d’au moins 4,3 millions d’habitants et plus d’un tiers des établissements industriels du pays.

Porté par le secrétariat d’État chargé de l’Eau, le projet s’attaque notamment au problème des eaux traitées et rejetées en mer, dans un contexte de rareté des ressources hydriques.

Selon le département ministériel, le Grand Casablanca a connu depuis 2013 la mise en service de la station d’épuration de Mediouna, dont les effluents traités sont rejetés dans un canal à disposition des agriculteurs. «Cependant, la plus grande partie des effluents est rejetée dans l’océan, après prétraitement et transfert au large dans des émissaires. Dans le cas de la station d’El Hank, les 200.000 m3/j en temps sec et 500.000 m3/j en temps de pluie traités par cette station sont rejetés en mer», regrettent les autorités.

À ce jour, la collecte des eaux usées dans la région est effectuée par des réseaux unitaires (secteurs historiques) et séparatifs (zones d’extensions). Les eaux collectées sont acheminées vers deux grandes stations de prétraitement. Il s’agit, en premier lieu, de la station de prétraitement Eaucean (Bernoussi) mise en service en 2015, qui assure un dégrillage, dessablage, déshuilage puis en une évacuation en mer via un émissaire. Et en second lieu, de la station de prétraitement d’El Hank, qui assure uniquement un dégrillage avant évacuation en mer via un émissaire. Ces deux stations reçoivent aujourd’hui à parts égales au total quelque 550.000 m3/j. S’y ajoute donc la station d’épuration de Mediouna, plus modeste (environ 2.000 m3/j), qui traite les eaux usées de la commune avec une filière qui autorise la réutilisation de l’eau (boues activées + bioréacteur à membranes). Une fraction de l’eau traitée est également utilisée aujourd’hui pour l’arrosage du jardin expérimental d’agriculture urbaine existant sur le site. L’étude de réutilisation des eaux usées épurées dans le territoire du grand Casablanca comporte plusieurs volets. Le premier consiste à identifier les besoins en eau qui pourraient être satisfaits par la réutilisation des eaux usées traitées  ainsi que des possibilités de réutilisation.

Le deuxième porte sur l’identification et conception des projets de réutilisation ainsi que les secteurs bénéficiaires. Quant au troisième, il concerne l’élaboration de la faisabilité économique de ces projets. Enfin, le quatrième volet concerne l’étude d’avant-projet détaillé pour deux projets prioritaires à réaliser par Lydec.

À noter que le périmètre de l’étude sera celui de la gestion déléguée pour l’eau et l’assainissement, c’est-à-dire la Commune de Casablanca (17 arrondissements), la préfecture de Mohammedia (communes urbaines de Mohammedia et Aïn Harrouda et commune rurale de Ben Yahklef), la province de Nouaceur (commune urbaine de Nouaceur, communes rurales de Bouskoura, Dar Bouaazza, Ouled Azzouz et Ouled Salah), la province de Médiouna (communes urbaines de Médiouna, Tit Méllil, communes rurales d’Al Mejjatia-Oulad Taleb et Lahraouiyine) ainsi que la province de Ben Slimane (commune rurale de Mansouria).

Source : https://lematin.ma/journal/2017/mini-big-bang-attendu-dans-le-grand-casablanca/281566.html